Melvyn Da Silva : « j’ai beaucoup galéré avant d’en arriver là »

2 févr. 2026 16:00:00 dans NM1

Auteur de son meilleur match de la saison vendredi, Melvyn Da Silva a largement contribué à la cruciale victoire de l’Etoile contre LyonSO (74-67). Auteur de 24 pts à 81,8 % de réussite dont un 5/5 à trois points, 6 rebonds, 3 passes pour une seule balle perdue et un 29 d’évaluation, l’ailier fort franco-angolais de 26 ans n’a pas été loin de son record en carrière en N1 (27 points contre Metz avec Poissy).

Avant son match à Saint-Vallier, le principal atout offensif carolo (14,4 pts, 48,4 % d’adresse à longue distance, 12,2 d’évaluation par match) revient sur son parcours qui n’a pas toujours été un long fleuve tranquille.

 

Melvyn, quel est ton ressenti après cette sixième victoire contre Lyon SO et ta prestation XXL, ce soir-là ?

"J’avais la main chaude et je voyais l’arceau qui me tendait les bras et c’est presque toujours rentré dedans (seulement deux tirs ratés sur onze tentés et un lancer sur deux) au terme d’une rencontre où j’ai respecté les consignes du coach. Mais précédemment dans la saison, j’avais déjà réussi deux fois à marquer 24 points. A Salon et contre Metz. Seulement-là, j’ai battu mon record en carrière en N1 au niveau de l’évaluation individuelle. Cela restera donc une date gravée dans ma mémoire."

 

Dans les Ardennes où tu es arrivé cet été, tu es en train de réaliser à 26 ans, sous la coupe de Jimmy Ploegaerts, la meilleure de tes trois saisons en N1 (*).

"Effectivement. Cela montre que je poursuis une évolution intéressante à ce niveau en étant régulier dans mon comportement depuis les différentes blessures que j’ai connues au genou. Actuellement, je me sens bien en dépit des quatre matches ratés en début de saison suite à un pépin aux ischio-jambiers. En signant à l’Etoile, mon objectif était de confirmer le rendement affiché à Poissy lors du précédent exercice. Tout va dans ce sens. Mais il faut rester sur cette lancée et continuer encore sur le même registre durant les 18 matches restant à disputer."

(*) 8,5 pts à Kaysersberg en 2022-2023 et 12,5 pts à 72,8 % de réussite en 2024-2025 sous les couleurs de Poissy.

 

 « Mes frère et sœurs jouent aussi au basket »

 

Pour toi, le basket c’est avant tout une affaire de famille.

"Il ne pouvait pas en être autrement. Mon père qui a fui la guerre en Angola a joué ensuite au Portugal, en Belgique et en France en N2 et il pratique encore. Ma mère a une grande connaissance du basket car son parrain n’est autre que Bill Sweek qui a coaché Monaco et Limoges et joué en NCCA avec Kareem Abdoul Jabbar. Nous les enfants, nous ne pouvions donc que suivre le mouvement. Mon frère Théo évolue en N3 et N1 à Tours, Tahys, ma première sœur après être passée par Landerneau et Colommiers évolue à Salt Lake City dans l’Utah en Junior Collège et vient de recevoir des offres de grosses universités américaines et enfin Noemy après avoir évolué au Canada joue en Prénationale à Saint-Michel-sur-Orge."

 

En jeunes sous un faux nom

 

Dans les catégories de jeunes, tu as longtemps joué en Ile-de-France.

"Etant originaire de Longjumeau et ayant grandi à Saint-Michel-sur-Orge, j’ai en effet, écumé de deux ans et demi à seize ans les clubs de l’Essonne : Corbeil, Paray Vieille-Poste, Ris-Orangis et Sainte-Geneviève-des-Bois, là où mon père a pratiqué ; Celui-ci ayant connu des problèmes administratifs, j’ai même joué toutes ces années-là sous le faux nom de Daluz. J’ai donc eu deux vies comme basketteur (rires)."

 

Et après cela, tu as par contre réalisé un sacré tour de France.

"On peut dire ça car, par la suite, j’ai fréquenté le centre de perfectionnement d’Aix-En-Provence et le centre de formation de Lille pour jouer en U17 et U18 France avant de signer ensuite à Vichy où j’ai poursuivi mon apprentissage avec Guillaume Vizade, l’actuel coach du Mans en Betlic Elite. Puis j’ai porté les maillots de Boulazac et Reims en Espoirs ProA et à Vichy. Dans ces clubs, j’ai eu la chance d’effectuer la passerelle avec les équipes de ProA et ProB lors des entraînements grâce à Claude Bergeaud, Thomas Andrieux, au duo Dao-Romeyer, Vizade et l’ex-Carolo Cédric Heitz."

 

Entretemps, tu as choisi en 2021 de jouer en Angola où tu as démarré ta carrière professionnelle. Pourquoi ce choix ?

"Il faut le dire clairement, un sacré billet et de bonnes conditions alors que c’était la période du Covid. Mais à Petro de Luanda, un des trois clubs de la ville, j’ai eu la chance avec Valdélicio (Joaquim) de découvrir le haut niveau dans un des meilleurs clubs africains et dans un pays dont j’avais beaucoup entendu parler mais que je ne connaissais pas. La capitale angolaise respire le basket et j’y ai côtoyé des joueurs ayant évolué en Euroligue ou en ProA ainsi que la légende, Carlos Morais qui joua au Toronto Raptors. J’ai beaucoup appris là-bas. Ce passage à Luanda m’a aussi permis d’être sélectionné en 2021 et 2022 dans l’équipe nationale pour la Coupe du Monde U19 en Egypte et par la suite en A pour les qualifications à l’Afro Basket au Rwanda et au Cameroun avec des joueurs comme RJ Barret et Peggy Washington."

 

Et en 2022, retour en France par la case N1.

"J’ai fait mes débuts à ce niveau à Kayersberg où je me suis malheureusement contenté de douze matches sous la conduite de Laurent Buffard après avoir été stoppé par une rupture des ligaments croisés. J’ai passé le reste de l’exercice à Cap Breton pour y suivre une longue rééducation."

 

Deux ans complets sans jouer

 

Comme quoi ton parcours n’a pas été un long fleuve tranquille avant de poursuivi ta carrière à Poissy et à l’Etoile.

"A la suite de cette opération, j’ai connu pas mal de galères avant d’en arriver où je suis. En raison d’un problème de croissance dès l’âge de 12 ans, j’ai été longtemps handicapé par des cartilages aux genoux trop mous. Et à différents endroits où je suis passé, c’était un dilemme entre les spécialistes médicaux auxquels j’avais à faire et mes dirigeants qui voulaient me voir jouer malgré les douleurs. Au final, j’avais été viré deux fois lors de ma période de formation pour avoir voulu protéger ma santé. Du coup, je suis entré en pénitence en restant deux ans sans jouer. J’ai alors rongé mon frein en devenant animateur dans des écoles à Saint-Michel-sur-Orge. Ce qui ne m’a pas empêché de m’entretenir physiquement et individuellement avec des préparateurs physiques en commençant mes journées à six heures du mat’ et de m’entraîner avec les équipes départementales de Brétigny et Arpajon. Cette année-là, j’avais même demandé à prendre part à la préparation d’avant-saison de Vichy et comme j’avais honte de demander un hébergement, j’ai dormi une semaine dans ma voiture avant que l’international belge Mamadou Guisse m’accueille chez lui. J’ai longtemps gardé une certaine rancune envers le milieu du basket qui ne m’a pas fait de cadeaux. Mais tous ces aléas m’ont forgé le caractère et prouvent qu’il ne faut jamais baisser les bras. Je n’ai d’ailleurs jamais cédé au doute, car j’avais confiance en moi."

 

Quel est ton palmarès à ce jour ?

"Deux titres de champion d’Angola avec le Petro de Luanda et… un titre de champion de France UNSS avec le lycée de Faches-Thuménil à l’époque où je jouais à Lille. Mais j’ai eu la chance de côtoyer durant toutes ces années des éléments comme Blake Schilb, Darnell Jacskon, Charles-Henri Bronchard, l’ancien Carolo Mo Koné, David Denave et Devin Ebanks entre autres."

Propos recueillis par Pascal Remy

 

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