Pierre-Baptiste Kieger, le pistolero carolo
7 mai 2026 13:00:00 dans NM1
A 34 ans, le natif de Saverne reste une rotation importante dans le dispositif carolo. Rarement blessé, en dehors d’une blessure à la cuisse la saison dernière, l’ailier fort de l’Etoile disputera ce soir à Poissy son 123e match en trois saisons de Nationale 1 où il a marqué 598 points sous les maillots de Golbey Epinal et l’Etoile.
« Pierre-Ba », quel est ton ressenti sur la saison qui se termine, ce vendredi soir, à Poissy.
"On est déjà tous heureux d’avoir validé l’objectif fixé en début d’exercice. On a même composté ce troisième billet en Nationale 1 plus vite que la saison passée. C’est un point très positif dans la mesure où l’entame de saison s’est avérée très compliquée suite aux indisponibilités précoces de Nemanja (Kovanusic) et Sébastien (Michineau) et d’une succession d’autres blessures. Après toutes ses déconvenues et quelques succès laissés en route d’un rien, on peut vraiment être fiers de ce qu’on a réalisé par la suite en finissant par onze victoires de suite à domicile et neuf succès consécutifs tant en déplacements qu’à la maison. Je ne pense pas que beaucoup d’équipes ai réussi de telles séries. On aurait peut-être pu espérer mieux si la mayonnaise avait pris plus vite mais au final, il n’y a pas de regrets puisque l’essentiel est fait avec ce maintien, atteint en plus avec beaucoup de brio et de panache."
Un petit mot sur ton rendement personnel en N1 où tu as vécu une troisième saison après une première expérience en 2017-2018 à Golbey Epinal.
"En début de saison, Jimmy comptait sur mon expérience tout en me demandant d’apporter un brin de folie à l’équipe par l’intermédiaire de mon adresse longue distance. C’était le rôle qu’il attendait de moi. Et je pense avoir répondu à ces différentes attentes."
« L’Etoile a su s’adapter et finir fort lors des deux saisons de N1 »
Depuis 2017-2018, le niveau de ce championnat de N1 a-t-il beaucoup évolué ?
"Dans les Vosges, à l’époque lorsque j’évoluais à Golbey, c’était la dernière saison à une seule poule juste avant la refonte de ce championnat. Le niveau était déjà élevé mais ces deux dernières années c’était franchement supérieur avec de plus en plus de formations faisant appel à d’anciens joueurs de Pro A et Pro B. Et puis, il y a le rythme infernal du calendrier avec 40 matches. Ce qui nécessite à mon âge (rires) de savoir écouter son corps, serrer parfois les dents, bien s’hydrater et se reposer tout en gérant aussi la récupération surtout qu’en N2 on était habitués à disputer seulement vingt-huit rencontres. Soit un changement très brutal. Un gros bouleversement qui nécessite également de s’étirer correctement et du renfort musculaire. Ces efforts expliquent probablement ma longévité durant ses quatorze ans de carrière. En tout cas, l’Etoile a su s’adapter deux saisons consécutives et se sauver à deux reprises malgré des entames très compliquées. C’est aussi ce qui fait le charme de ce marathon, il faut savoir faire le dos rond et être endurant."
Durant ta carrière de basketteur, tu auras connu cinq clubs de N2 et N1 en l’espace de quatorze ans.
"Oui, après ma période formation à la SIG Strasbourg, j’ai tour à tour évolué trois saisons au WOSB, deux à Cherbourg en N2, une à Golbey Epinal, déjà en N1, et deux à Loon-Plage à nouveau en N2."
Déjà 150 matches à l’Etoile
Et depuis 2020, tu es devenu un pilier de l’Etoile.
"Oui, cela fait déjà six ans que je suis là et que je vis dans les Ardennes. Et quand, j’ai signé ici après avoir évolué à Loon Plage où ça ne s’était pas trop bien terminé, j’étais alors tout proche de repartir en Alsace pour rejoindre mon club d’origine en N2, Wasselonne Otterswiller Saverne, implanté sur mon territoire natal. Et puis, à cinq minutes près, mon agent m’a fait savoir que Fabien Calvez désirait me recruter. Cela s’est fait ainsi, à l’arrache, et je n’ai jamais regretté ce choix. Aujourd’hui, avec Martin (Courtois), on a atteint ou avoisiné les 150 matches disputés avec l’Etoile. Ici, sportivement, j’ai tout ce qu’il faut pour bien faire le job. L’Etoile c’est aussi un club familial où je me sens bien. Et Charleville-Mézières est une ville qui correspond bien à mon état d’esprit. Et mes deux enfants, Naïm, 5 ans, et Imany, 2 ans, sont mêmes carolomacériens."
Quels sont les joueurs qui t’on le plus marqué durant ce parcours ?
"J’ai souvent eu la chance d’évoluer avec de bons gars. De mon époque cherbourgeoise, je garde tout de même un sacré souvenir du Jamaïcain Ricardo Alliman, natif de Kingston, Un vrai leader et un travailleur infatigable. Il avait disputé le championnat NCAA durant quatre ans avant d’arriver en Europe et jouer ensuite en France à Vitré, Tarbes, Avignon, les Sables d’Olonne et Orchies sous la conduite de Jimmy (Ploegaerts). Dans la Manche, j’ai aussi découvert le métier avec des éléments comme Fabien Omont qui évolua ensuite à Caen et un de mes meilleurs potes, Isaie Chavoutier. Quand le groupe s’entend bien, qu’on partage des repas ensemble, on tisse ainsi des liens entre joueurs et ça influe bien sûr sur ce qui se passe ensuite sur le parquet."
Jouer encore deux à trois saisons
Comment vois-tu ton avenir ?
"Je suis âgé de 34 ans et j’espère encore rendre des services dans le milieu du basket durant deux ou trois saisons. En tout cas, je serai encore là en septembre prochain pour vivre une quinzième saison au haut niveau après avoir été formé plus jeune à la SIG Strasbourg. J’y ai d’ailleurs été encadré par Lauriane Dolt qui, pour sa part, vient de connaître cette semaine la montée en Pro B avec Le Havre. Je suis très content pour elle."
A Poissy, ce vendredi, tu vas mettre un terme à une saison de 40 matches avant de penser aux vacances ?
"A Poissy, on a encore une victoire à aller chercher pour répondre aux objectifs qu’on s’est fixés en interne : terminer avec un équilibre de 20 victoires pour 20 défaites, préserver notre actuelle troisième place et peut-être prétendre à mieux. Sinon, je n’ai pas encore de destination en tête pour mes prochaines vacances estivales. J’y penserai en temps voulu."
La saison prochaine risque d’être très difficile avec six descentes à son terme.
"Cela va être la guerre. Malgré un budget riquiqui, il va falloir construire une équipe encore plus compétitive. Je fais confiance au président qui a fait un travail colossal ces deux dernières années pour trouver des solutions afin de nous permettre de parvenir à un troisième maintien consécutif. De toute façon, impossible n’est pas carolo. Je me souviens que Loon Plage, un de mes anciens clubs, avait fini champion de France de N1 lors de sa première saison à ce niveau."
Quels sont tes loisirs en dehors du basket
"Le bricolage à la maison, les sorties avec mon chien « Ghost » et les balades avec mes enfants."
Propos recueillis par PASCAL REMY
INFOS :
SES MEILLEURES « PERFS AU SCORING.
25 points avec Golbey contre le Centre Fédéral et 16 points devant Mulhouse avec l’Etoile en Nationale 1 et 28 points avec Loon Plage en N2 dans le derby contre Berck et 20 points encore au sein du club nordiste à Saint-Chamond.






