Patrick Mwamba : « Je suis compétiteur mais il me manque encore de la constance »
30 mars 2026 21:00:00 dans NM1
Avec 12,2 pts, 5,1 rebonds, 1,8 passe pour 12,8 d’évaluation en 29 minutes de jeu par match, Patricik Mwamba est dans les mêmes standards que la saison dernière à Orchies. Mais il confesse vouloir faire encore mieux d’ici la fin de la saison en faisant preuve de plus de constance.
Interview avant la rencontre de ce mardi à Chartres.
SES DÉBUTS AU BASKET.
"Au départ, à Goma (République Démocratique du Congo), je jouais au soccer (football), mais par le biais de mon grand frère, Lucien, et un peu par hasard j’ai été intrigué par le basket qui était un sport plus intellect et pratiqué par des gens éduqués. J’ai très vite eu des connexions pour ce sport et donc fini par évoluer dans la discipline à l’âge de 12 ans en étant formé à l’Académie Promo Jeune Basket de la ville de Goma. Puis à 14 ans, j’ai eu l’opportunité de partir à un camp Adidas en Europe. Ce qui m’a amené à jouer en Allemagne, Belgique et Italie. Repéré alors par la légende congolaise Dikembé Mutombo, qui a évolué en NBA durant 13 saisons, j’ai rejoint la NBA Académie après avoir été le meilleur marqueur de la phase finale de la Coupe d’Afrique au Rwanda puis MVP du tournoi de basket sans frontières organisé en Australie. J’ai été un des premiers à faire partie de cette structure en 2016."
Présent à la March Madness de 2022
SIX SAISONS EN NCAA.
"Ayant été remarqué par plusieurs coaches américains, j’ai eu l’opportunité d’être recruté en NCCA. J’y ai joué successivement dans trois collèges. D’abord à Arlington Texas avec les Mavericks où je suis resté quatre ans en m’habituant à cette compétition et en trouvant vite mes repères. Ensuite à Oklahoma à Oral Robert, j’ai vécu ma meilleure saison en restant invaincu, ce qui m’a permis de participer à l’édition 2022 de la March Madness à savoir la phase finale de la saison universitaire, moment phare de la NCAA, au cours duquel on a été battus par Duke. Enfin, j’ai fini cette période à Chicago à Loyola Ramblers. Malheureusement, je n’ai pas beaucoup joué avec cette université. J’ai ainsi appris à être résilient et patient en ne relâchant pas mes efforts."
DÉBUT COMME PROFESSIONNEL A ORCHIES.
"Durant l’été, une agence m’a mis en contact avec Orchies. Dans le Nord, la saison a été compliquée par de nombreuses blessures qui ne nous ont pas permis d’atteindre la poule haute. Il a fallu que je m’adapte à un basket plus structuré et donnant beaucoup d’importance aux systèmes mais, malgré tout, cette première année professionnelle fut une réussite pour moi (13 points, 4 rebonds et 12,1 d’évaluation lors de 36 matchs au rythme de 26 minutes par rencontre). Cela m’a permis de me remettre en confiance. A la fin de l’exercice, j’ai eu des offres de Challans et Quimper mais finalement cela n’a pas matché."
« Les blessures n’ont pas facilité la cohésion »
ARRIVÉE DANS LES ARDENNES.
"L’Etoile m’a alors contacté à la fin du mois de juillet. Là aussi j’aurai raté la poule haute mais la saison n’a pas été des plus simples en raison des blessures précoces de Nemanja (Kovanusic) et Sébastien (Michineau) qui ont retardé la mise en place tactique et défensive de l’équipe. La mayonnaise a donc tardé à prendre et on a aussi joué pas mal de match sans être au complet. Mais on avait des atouts et aujourd’hui, tout va beaucoup mieux. On va prouver qu’on méritait beaucoup mieux que cela en gagnant de plus en plus de matches."
SON AUTOCRITIQUE.
"Je suis compétiteur mais je connais encore trop de hauts et bas. Il me manque donc de la constance. Et j’ai encore beaucoup de choses à apporter notamment sur l’aspect défensif."
Foi et famille
SÉLECTION NATIONALE.
"C’est quelque chose qui me tient énormément à cœur. Cela me fait toujours plaisir de défendre les couleurs de mon pays, le Congo. Récemment, au Sénégal, j’ai été retenu pour la quatrième fois avec la sélection nationale et nous sommes qualifiés pour la phase 3 qui aura lieu en juillet. On espère récupérer les meilleurs joueurs étrangers évoluant en Europe et aux Etats-Unis pour tenter d’aller cherche notre qualification au prochain Mondial au Qatar. Cela changera sérieusement la donne."
UNE GRANDE FAMILLE.
"Je suis le troisième enfant d’une famille de douze frères et sœurs. Beaucoup évoluent dans le milieu du basket. Mon grand frère a joué au basket au Burundi et est devenu coach, deux de mes petits frères, Gloire et Dieumerci, sont talentueux et athlétiques tout comme Lydi qui vit sa dernière saison à l’université de Liberty en Virginie et qui est bien partie pour être professionnelle. Une bonne partie du reste de ma famille est en Ouganda."
RELIGION.
"J’ai grandi dans une famille très chrétienne et ma foi et ma persévérance font ce que je suis aujourd’hui, grâce à Dieu. Sans lui, je n’en serais pas là. Il me conduit à être une bonne personne, à suivre le bon chemin et à me concentrer pour aller de l’avant. Et avant un match de basket, je prie toujours."
SON RÈVE.
"Construire un orphelinat à Goma pour permettre aux victimes de guerre de se retrouver dans de bonnes conditions."






