L’ETOILE : le plus riche palmarès du sport ardennais

18 nov. 2021 18:00:00 dans Amateurs

Deux titres de Champion de France en 1958 et 1960, deux victoires en Coupe de France 1958 et 1959 plus deux campagnes européennes balisées par deux énormes exploits : l’élimination du... Real Madrid et un succès contre Belgrade.

On l’a peut-être oublié mais L’Etoile possède à ce jour le plus beau palmarès sportif de haut niveau dans les Ardennes. Souvenirs, souvenirs avant le centième anniversaire de l’association qui sera célébrée, ce dimanche, à l’Aréna avant le match de N2 contre Gennevilliers.

 

C’était une époque où les basketteurs ardennais faisaient régulièrement la Une de l’Equipe et de l’hebdomadaire sépia Miroir Sprint et de fréquents reportages radiophoniques sur feu l’ORTF.

Une saga de dix ans, effectuée au nez et à la barbe des plus grandes métropoles (Paris avec le Racing et le PUC, Lyon, Nantes, Marseille).

Tout est parti du titre de Champion de France d’Excellence remporté en 1955 par L’Etoile de Mézières qui, après trois essais infructueux devant Marly (1952), Nilvange (1953) et Tours (1954), touchait enfin au but en accédant au plus haut niveau français.

 

Un doublé championnat-coupe en 1958

 

Subissant une seule défaite au cours de cet exercice 1954-1955 (face au PUC en quart de finale de la Coupe de France), l’Etoile emmenée par les frères Beugnot, Asclar, Frajer, Marlet, Stoppa, Lenel, Guiffray, Noiret et Schwartz battait Saint-Etienne à Joigny (Yonne) 69-53, s’ouvrant ainsi les portes du paradis en étant championne de France d’Excellence.

Après avoir vite appréhendé la Première Division et perdu une demi-finale de Coupe de France face à Villeurbanne (64-63) en 1957, L’Etoile avec cinq juniors lancés dans le grand bain (les Ardennais Y. Iberraken, Le Goff, Dauchy, Barbosa et Gallet en plus des Laurain, Noulet, Lenel, Asclar, Noiret, Labbe, Huart, Jourdan et Chrétien) va alors brûler les étapes.

En 1958, trois ans seulement après son irruption dans l’élite, elle signe un retentissant doublé : championne de France devant le PUC (48-44) à Paris et lauréate de la Coupe de France en dominant Denain à Mulhouse (79-42).

Une consécration qu’aucun spécialiste n’attendait et qui récompensait l’infatigable Charles Remy, directeur sportif de 1942 à 1960.

 

Vainqueur du Real Madrid et de Belgrade en Coupe d’Europe !

 

En 1959, avec le renfort de l’international belge Maurice Chavagne et de Jean Perniceni, enfin sur le terrain, l’Etoile de... Charleville reste propriétaire de la Coupe de France en remportant le trophée au stade de Coubertin pour la seconde fois de suite aux dépens de l’AS Villeurbanne (72-65). Jean-Paul Beugnot, étincelant, signe la moitié des points de l’équipe contre une formation rhônalpine qui lui avait barré la route d’une nouvelle finale de championnat de France quelques semaines auparavant (75-62).

Mais en 1960, L’Etoile qui a signé le Belge « Coco » Depauw va reconquérir le titre abandonné à Roanne la saison précédente. Elle triomphe du SA Lyon (61-57) à Coubertin grâce aux 31 « pions » de Jean-Paul Beugnot.

Lors de la première des deux campagnes continentales (1958 et 1960), L’Etoile va encore faire beaucoup plus fort en Coupe d’Europe de Ligue des champions. Elle élimine le grand Real Madrid en comblant à Dubois-Crancé (79-65) le retard pris dans la capitale espagnole (50-39) puis se paie le luxe de battre, en quart de finale, un autre grand du basket mondial, Belgrade (75-73) avant que Korac et ses partenaires prennent leur revanche en Yougoslavie (87-74).

Par la suite et avant de quitter le devant de la scène en 1966 avec cette fois les JC Iberraken, Daval, Lanaille, Osadzuk, Gallet, Bobin, Charles et Ewert qui, pour certains, auront comme coéquipiers Jean- Claude Lefèbvre et Charles Tassin, les Carolos disputeront encore entretemps, en 1963, une demi- finale de championnat de France face au PUC (64-57 et 72-54) et une demi-finale de Coupe, perdue à Joeuf contre Bagnolet.

Notons aussi qu’en 1960, les juniors de l’Etoile (JC. Iberraken, Dauchy, Piémonté, Poiret, Despas, Colas, Henry et Tanazacq) s’inclinèrent d’un rien (69-67) en finale du championnat de France contre Villeurbanne.

Une sacrée décennie pour... l’Etoile des Ardennes qui sera retenue en juin 2014 comme l’une des plus belles équipes de toute l’histoire du basket français par notre confrère BasketHebdo !

 

Une décennie en Pro B entre 2004 et 2018

 

A partir de 1966-1967, le club du chef-lieu évoluera deux saisons en Nationale 2 avant de fusionner avec le Carolo Club pour devenir l’Entente de Charleville-Mézières.

C’est en 1985 que l’Etoile renaîtra de ses cendres sous l’impulsion de Gilbert Youcef et Jean

Perniceni. Par la suite, grâce aux présidents Pailla et Chataux, d’abord, Blocquaux puis Torres, ensuite, efficacement épaulés par Jean-Pierre Bizet, Samuel Lemaire et Gil Bianco, le club reviendra à partir de 2004 en Pro B pour y vivre une décennie jusqu’en 2018 sous la férule de successive de Mike Gonsalves, Nikola Antic, Francis Charneux, Cédric Heitz.

Il remontera, en effet, en trois occasions à ce niveau. En étant deuxième de Nationale 1 en 2008 puis en prenant part à deux Final Four de Nationale 1 à Souffelweyersheim (lauréat) et Angers (finaliste) en 2012 et 2014.

Sous la conduite de Cédric Heitz et malgré un budget riquiqui, l’Etoile de Charleville-Mézières Ardennes vivra encore trois superbes saisons en Pro B dont un quart de finale de playoffs perdu contre Nantes en 2017.

Tout cela en révélant le prodige islandais Martin Hermansson mais aussi de jeunes talents comme Damien Bouquet, Corentin Carne et Lucas Dussoulier passés depuis en Jeep Elite via Nanterre. Tout en faisant découvrir Moneya Pratt, Akeem Williams, Christopher Mac Knight, Clif Brown, Vincent Pourchot, Romain Dardaine, Séraphin Saumont, Moustapha Diallo, Kevin Mondésir ou William Mensah.

Malheureusement, la greffe opérée avec Alexandre Casimiri pour assurer la succession de Cédric Heitz ne prendra pas et l’Etoile redescendra en Nationale 1 puis en Nationale 2 en l’espace de deux ans.

Pascal REMY

 

N’oublions pas que l’Etoile, entre 1950 et 1953, fut le premier club ardennais à aligner une équipe féminine au sein de l’élite française. L’équipe était composée de Thierrard, Bontemps, Alexandre, Jadot, Dury , Pierrard, Coquelet et Pierret.

 

Le palmarès de l’Etoile:

-Champion de France en 1958 et 1960.

-Vainqueur des éditions 1958 et 1959 de la Coupe de France.

-Champion de France d’Excellence en 1955.

-Demi-finaliste de la Coupe de France en 1957 et 1963 et quart de finaliste en 1955 et 1960.

-Demi-finaliste du championnat de France en 1959 et 1963.

-Finaliste du championnat de France juniors en 1959.

-Deux participations à la Coupe d’Europe des clubs champions en 1958 et 1950. Lors de la première épreuve continentale, L’Etoile a éliminé le... Real Madrid puis battu OKK Belgrade de Ravidoj Korac avant d’être sorti au match retour en Yougoslavie.

-Lors de sa seconde campagne continentale en 1960-1961, L’Etoile après avoir éliminé le représentant du... Maroc, Casablanca (55-47 et 55-53), sera ensuite terrassée par le TSKA Moscou : 28-68 et 95-35.

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