Théo Pichard : « le maintien est à portée de mains, il ne reste qu’à le valider »
9 avr. 2026 20:00:00 dans NM1
En l’espace de quatre mois, Théo Pichard, pigiste médical de Sébastien Michineau, s’est imposé à 20 ans (21 ans depuis mercredi) comme le taulier de l’Etoile. Les statistiques de ce meneur de jeu atypique (1,98 m) sont tout simplement impressionnantes. 14,1 pts à 63, 6 % de réussite, 8,2 passes décisives, 5,5 rebonds et 23 d’évaluation en 31 minutes de jeu lors des 19 rencontres qu’il a disputées. A croire qu’il est partout sur le parquet. Interview d’un ancien pensionnaire du Pôle France avant le « match du maintien » à l’INSEP, ce vendredi à… 18h30.
Théo quels souvenir gardes-tu de ton passage au Centre Fédéral de 2020 à 2023 ?
"Je suis arrivé là-bas à l’âge de 15 ans après avoir joué à Fleury-les-Aubrais en minimes France et à Orléans en U15 Elite et en ayant été repéré lors de sélections interzones du Centre Val-de-Loire. J’y ai passé trois ans et fini comme capitaine de l’équipe lors du dernier exercice. C’est là que j’ai goûté au basket de haut niveau et que tout a commencé pour moi en étant champion d’Europe juniors à Varèse avant de terminer deux fois troisième de l’Adidas Next Génération Tourmament, tournoi réunissant les meilleures équipes européennes. Avant d’être médaillé de bronze à la Coupe du Monde U17 avec l’équipe de France en Espagne et quatrième en Serbie avec les U18. Je garde donc de très bons souvenirs de ce passage au Pôle France où j’ai aussi fait mes premiers pas en Nationale 1. J’ai d’ailleurs gardé beaucoup de contacts avec des joueurs, coaches, assistants et professeurs connus dans cette grande famille dont j’ai été heureux de faire partie."
Quel est le quotidien des jeunes pépites françaises ?
"Les journées sont très chargées. Le matin, levée à 6h45 pour prendre le ptit-dej’. Ensuite, cours entre 7h30 et 10h30 avant d’enchaîner l’entraînement de 11 à 13 heures. Et puis, retour en cours de 14h30 à 16h30 avant la seconde séance d’entraînement. Après avoir dîné, il y avait aussi ce qu’on appelait l’étude, à savoir des cours supplémentaires encadrés de 20h à 21h45. Et ensuite, c’était le coucher à 22h30. Soit un rythme soutenu mais c’était utile pour nous de combiner éducation et basket pour se construire humainement. Après avoir emmagasiné tout cela, on se sent plus forts."
« Des moments très forts au sein d’une grande famille »
Quels sont les joueurs que tu as côtoyés là-bas ?
"J’ai notamment joué aux côtés d’Ousmane Dieng qui a ensuite fait carrière dans plusieurs clubs de NBA, Ryan Ruppert avec lequel j’ai partagé beaucoup d’entraînements individuels mais aussi d’autres propects français. Comme Jonas Boulefaa (Bois, Elite 2), Wilson Jacques qui évolue en NCCA à Fresno State ou Noa Essengué qui faisait partie des Bulls de Chicago avant de se blesser à l’épaule. Avoir fréquenté de tels joueurs, c’est aussi ce qui fait la beauté du Pôle France."
Et les coachs ?
"Bernard Faure qui m’a permis d’obtenir des médailles mondiales et européennes, Nicolas Absalon avec lequel j’ai abattu un énorme travail individuel, Jean-Aimé Toupane, l’actuel entraîneur de l’équipe de France féminines, Lamine Kébé, l’actuel coach d’Orléans en ProB et l’ancienne internationale Cathy Melain. Dans mon évolution de basketteur, mon père qui m’a entraîné tout jeune a aussi été un élément central."
Dans quelles dispositions vas-tu retrouver les installations de l’Insep à quelques heures d’un possible maintien ?
"Cela va être forcément spécial de retrouver les structures du bois de Vincennes où j’ai fait mes bases mais je vais disputer ce match comme contre n’importe qu’elle autre équipe du championnat sans me laisser envahir par les sentiments d’autant que l’Etoile veut obtenir le maintien au plus vite et ce sera peut-être pour vendredi en cas de succès. On ne va pas se priver de ce plaisir en continuant sur notre dynamique actuel. Il ne faut pas s’arrêter de gagner. Cette rencontre est importante pour les joueurs, les dirigeants, les bénévoles, les sponsors du club et tous les amoureux du basket dans les Ardennes que l’on veut soulager définitivement après une saison compliquée au terme de laquelle on veut finir en trombe en remportant les sept derniers combats restant au calendrier."
« L’Etoile a su me faire confiance et j’essaie de le lui rendre sur le terrain »
Lors de ton arrivée à l’Etoile, le 5 décembre dernier, tu as retrouvé la N1 avec toute de suite de grosses responsabilités pour un jeune de 20 ans.
"Le discours des dirigeants carolos a été clair : remettre rapidement l’équipe en marche avant en obtenant plusieurs victoires afin de relancer l’Etoile dans la course au maintien en N1. Ils m’ont donc donné les clés du camion pour organiser le jeu sur le terrain et mettre du liant au sein de l’équipe. Et comme j’étais venu pour assurer des responsabilités après deux années difficiles à Monaco en raison des blessures et à Orléans où j’ai peu joué, ça a tout de suite « matché ». Assurer le leadership était naturel pour moi car dès que j’ai commencé le basket, j’ai toujours su en tant que capitaine parler à mes coéquipiers et les motiver. Le meneur pour moi c’est le deuxième coach sur le terrain. C’est dans mes gênes et je me sens mieux sur le terrain quand je peux à la fois m’exprimer sportivement et aussi oralement pour encourager les autres. C’est de cette façon que je me suis relancé à l’Etoile en passant aussi de trois à trente-et-une minutes de temps de jeu. C’est une vraie libération."
« Je vis à fond le moment présent »
Après 19 matches joués à ce niveau, es-tu satisfait, voire surpris de tes très probantes prestations en Nationale 1 ?
"Certes, je suis content de mes performances mais sans être pour autant satisfait, car je pense toujours pouvoir faire plus avec le travail fourni durant les semaines d’entraînement. D’ailleurs, j’espère encore repousser mes limites et faire mieux d’ici la fin du championnat. Par contre, je ne suis pas surpris de ce que j’accompli, car ma force numéro un, c’est ma passion pour ce sport. Pour le reste, je savais avoir du basket dans les mains et ce que j’étais capable de faire, une fois la confiance et le plaisir de jouer retrouvés. Après il faut le montrer sur le terrain. En tout cas, je pense avoir efficacement contribué à l’objectif collectif du club en ayant répondu aux attentes. La preuve, c’est que le maintien se rapproche de plus en plus. Il est maintenant à portée de mains. A nous de finir le travail."
Dans les Ardennes, tu as repris d’étonnante manière le fil de ta progression en prouvant que tu avais, au moins, le niveau de la Nationale 1.
"A Monaco et à Orléans, je n’ai pas eu l’opportunité de faire mes preuves en Betlic Elite et en Elite 2 mais je pense avoir beaucoup appris mentalement de ces deux expériences. Ici, après quasiment neuf mois sans jouer, j’ai du temps de jeu pour m’exprimer et je suis en pleine possession de mes moyens physiques. Je pense que le travail effectué les années précédentes avec les différents préparateurs physiques que j’ai côtoyés pour être à mon meilleur niveau a été payant. Il me reste encore à réguler mon tir à trois points pour trouver une adresse longue distance fiable et améliorer ainsi mon rendement. Je m’y attèle tous les jours. Sinon, aujourd’hui, je me sens très bien et je vis à fond le moment présent. Je suis, en tout cas, très bien là où je suis. Pour la suite, on verra à l’intersaison. D’ici là, il faut rester pleinement concentré sur les sept derniers matches. Il sera temps ensuite d’établir des conclusions et tirer le bilan de cet exercice."
Autre fenêtre d’exposition pour toi, l’équipe de France 3X3…
"Pour ce moment, je suis en stand-by car les sélections et la liste des joueurs n’ont pas encore été dévoilées. Mais je garde des contacts avec mon coach, Charles-Henry Bronchard et celui des U23, Anthony Christophe. Si on m’appelle, je serai en tout cas disponible et toujours là pour me battre corps et âme pour la France."
Propos recueillis par Pascal REMY
INFOS SUR THÉO :
SES RECORDS CETTE SAISON.
24 points en N1 à Saint-Vallier, trois contres face à Val-de-Seine à l’aller, 17 passes décisives et 32 d’évaluation devant Poissy et 10 rebonds à Mulhouse.
CUMULARD.
En distillant dix-sept passes à ses partenaires en 28 minutes de jeu contre Poissy, Théo a consolidé sa place de meilleur passeur avec une moyenne de 8,2 assists par match. Chapeau l’altruiste ! Il a aussi conforté sa position de meilleur joueur de N1 à l’évaluation (23).






